Pour ceux et celles qui croient.

Je serai bref, mais sans doute convaincant.

L'épisode du massacre des Innocents attribué dans les Évangiles (Évangile de Matthieu) à Hérode I er le Grand m'a toujours poursuivi pendant de longues années. Pour rappel, il s'agit du meurtre des enfants de moins de deux ans ordonné par ce roi des Juifs parce qu'il craignait d'être dépossédé de son pouvoir.

Ce qui me turlupinait, c'est le fait que Jésus avait pu échapper à ce massacre parce qu'il était bien né. Un protégé en somme. Bref, j'étais déçu - très déçu même pour ne pas dire plus - de cette attitude de mon Dieu si bon, si juste, si miséricordieux.

Puis, un jour, j'ai lu un livre - mais n'est-ce seulement qu'un livre ? - intitulé "La naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ" par la visionnaire, la mystique Anne-Catherine Emmerick chez l'éditeur Pierre TÉQUI. Et là, j'ai eu tous mes apaisements en lisant cette phrase révélatrice :"À la mort de Jésus, la fosse où tous ces enfants avaient été entassés s'ouvrit, et je vis leurs âmes en sortir".

Il fallait donc que Jésus meure pour nous sauver tous. Et son sacrifice était, de ce point de vue, nécessaire à notre salut, à notre rédemption. Et donc aussi à ces petits malheureux.

Voilà, in fine, pourquoi il ne pouvait pas mourir comme eux. Bien que la moindre de ses souffrances avait, par sa nature divine, valeur infinie.

Le christianisme n'est pas la religion du péché, mais de la grâce. Elle n'est pas la religion de la vengeance, mais du pardon. Elle n'est pas la religion de la puissance, mais de l'amour tout-puissant. Elle n'est pas la religion de la mort, mais de la vie.

 

Pour ceux et celles qui ne croient pas.

Je serai bref, mais sans doute convaincant.

1. On entend souvent dire par les non-croyants (et même par certains croyants peu convaincus) : "Si Dieu existait, il ne permettrait pas tout ce mal que nous connaissons : les guerres notamment, mais aussi tous ces malheurs que subissent et endurent les enfants atteints du sida et mourant faute de soins et de nourriture".

Imaginons un instant que vous soyez le père (ou la mère) de deux enfants que tout oppose : l'un plus que brillant dans tous les domaines (études, conduite, etc.) ; l'autre, par contre, le mauvais en tout (drogue, conduite déplorable, études nulles, etc.). Que pouvez-vous faire ? Pas grand-chose en somme. Sinon, de les aimer davantage. Car vos deux enfants sont des êtres LIBRES. Dieu est dans la même situation que vous.

2. Autre réflexion souvent entendue, elle aussi : "Dieu n'existe pas : on ne l'a jamais vu".

Avez-vous déjà vu le vent ? Non, bien sûr. Et pourtant, personne ne songerait un seul instant à nier son existence. Ce que vous pouvez voir, par contre, ce sont les EFFETS du vent (des feuilles qui tremblent par exemple).

De même : avez-vous déjà vu la gentillesse ? la bonté ? la méchanceté ? Alors, pourquoi ce qui est vrai pour le vent - et d'autres concepts abstraits - ne vaudrait-il pas pour Dieu ?

3. Comment se faire une idée de l'éternité qui nous attend tous ?

Imaginons que vous assistiez en spectateur à une manifestation pacifique, silencieuse. Pour vous, il y aura un présent, un passé et un futur. La tête du cortège représente en effet tel moment ; le milieu, un autre moment ; la fin, un autre moment encore.

Imaginons maintenant que vous assistiez à cette même manifestation, mais en la survolant en hélicoptère. Les choses seront toutes différentes pour vous. Car vous embrasserez d'un seul coup d'œil la totalité de la manifestation. Plus de présent, ni de passé, ni de futur au sens où nous l'entendions lorsque vous étiez un spectateur "terrestre". Ici, vous êtes un spectateur "aérien". Ça change tout pour vous. Et pourtant, la manifestation n'a pas changé pour autant dans sa structure notamment.

Pour Dieu aussi, tout est présent.

4. Le fait suivant est pour le moins troublant. L'âne gris méditerranéen est pourvu d'une croix sur le dos. Interpellant quand on pense que c'est cette espèce-là précisément qui a porté la Vierge et son enfant lors de la fuite en Égypte par exemple. Simple coïncidence diront peut-être certains. Sans doute...

5. Je terminerai par une pensée d'un auteur dont j'ai malheureusement oublié le nom :"Il y a quelque chose de plus fort que la mort : c'est la présence des absents dans la mémoire des vivants". Que dire de plus ?

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